Vistas de página en total

Datos personales

Mi foto
L'une vit au milieu de la Méditerranée, l'autre sur les rives de l'Atlantique. Ils ne se sont jamais vus mais écrivent à quatre mains et deux citrons givrés.
Mostrando entradas con la etiqueta réseaux alternatifs. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta réseaux alternatifs. Mostrar todas las entradas

viernes, 15 de julio de 2011

20. Affreux sales et méchants portent tous le même costard!

Résumé du précédent épisode : les activistes sont accueillis chaleureusement à Can Mas Deu, fraternelle utopie en actes à Barcelone. Les débats à propos du nucléaire et du solaire vont bon train. Un drôle de zigoto propose une interview à Léa sans que l’assentiment de tous les autres ne soit à son comble.

La voiture suédoise se posta aux abords des Ramblas où les shorts et les tongs côtoyaient la fine fleur des pigeonneurs. Le souffle chaud relevait les dreadlocks de l’homme en costar. Elles paraissaient si légères, contenu du contraste vestimentaire qu’il portait comme un soutien actif à son maintien. Mais à Barcelone, plus que partout ailleurs dans les autres grandes métropoles européennes, on se la jouait dégagée. Dans une ruelle une enseigne vous tapait dans l’œil : bar Marsella.
-         Ah oui, c’est pas du côté de Raval, un quartier vachtement sympa et vivant avec plein de frangines très ouvertes ?
-                     Tu parles Dagmar, des frangines avec des poils aux seins ! Même qu’il y en avait une bien allumée qui m’a juré qu’elle avait rencontré la vierge sur Montjuich[1]. 
-                      On t’écoute Léa. Raconte ta discussion avec le cador.
-                     On s’est installés à une table et tout de go, ce goujat a annoncé qu’il voulait parler affaire. Je me sentais toute petite en ce haut lieu convivial qui n’usurpait pas sa réputation. Alfred Jarry et même Verlaine y avaient déjà posé leurs nobles fessiers et refait le monde à leur image. Les miroirs mats de poussière ainsi que les étagères recelant des bouteilles invitaient à la détente et aux confidences. A peine étions nous entrés et installés, que la barmaid à crête d’iroquois avait déjà déposé le verre d’absinthe à notre intention.
- C’est la boisson qui fait fureur ici.
Léa s’apprêtait déjà à porter à ses lèvres l’élixir….
-                     Vous n’y êtes pas du tout ma chère ! C’est tout un cérémonial qui va s’accorder parfaitement à notre conversation. La technique consiste à tremper le morceau de sucre dans le liquide avec votre cuillère puis le sortir en le laissant fondre au-dessus de l’alcool, un petit peu dans le pur style des junkies avec un briquet afin de le caraméliser. Plongez le sucre dans le verre qui s’épongera et régalez-vous. A vous de goûter.
-                     Hum ça a comme un goût d’anis.
-                     Je sais tout de vos agissements et où vous vous cachez. Quel que soit votre planque je vous retrouverai. Vous avez emprunté une somme qu’on veut récupérer avec intérêts.
Léa s’était levée brusquement ouvrant sa musette et extirpant son Luger cadeau de Dagmar. L’homme fut plus prompt à la réplique, qu’elle ne l’avait calculé. Il avait bloqué son coude et récupéré son arme, puis lui avait gentiment rendu avec un sourire complice.
-                     Laissez tomber votre antiquité, je vous croyais plus raffinée. Vous me décevez. C’est aussi ce que je pensais en étudiant votre dossier. Vous êtes des activistes amateurs. De grands penseurs aux idées creuses et totalement inoffensifs, sauf en ce qui concerne votre don de subtilisation des grosses sommes par le biais du virtuel. Là je crie au génie. Vous me rappelez un peu le héros du film Cavale[2], un terroriste qui s’évade de taule au bout de 15 années et se retrouve tout seul avec la réalité et ses idées d’antan de la révolution qui l’ont dépassé d’un cran. Les temps ont changé et surtout de nos jours. Dans les années 70 et 80, les terroristes du groupe Baader / Meinhof, les Brigades Rouges ou en France les militants d’Action Directe étaient pourchassés pour leurs actes politiques délictueux. L’Allemagne a libéré tous les militants impliqués dans ces mouvances. En France, ceux qui ne sont pas crevés de la peine de mort à perpétuité sont tous bousillés et on recule encore leur âge à prendre la retraite en liberté. Aujourd’hui, pour un pet de travers l’Etat envoie son escadron de la mort pour circonscrire l’affreux pétomane. Seule l’affaire de Tarnac a éclaboussé en plein jour. C’est l’arbre qui cache la forêt. Déjà en mai 2007, après la découverte d’un sac en plastique contenant des bouteilles de liquide incendiaire sous une dépanneuse de police garée rue Clignancourt à Paris, ce fut l’émeute paranoïaque dans les couloirs du ministère de l’Intérieur. La chasse à l’ADN était ouverte. La mouvance anarchiste et autonome était dans le collimateur. Le ministre Toutfeutouflamme brandit la menace terroriste. Et les bavures débordèrent en plein jour. Pour une infime bombe lacrymogène dans un sac, lors d’une banale manif, vous en preniez pour sept heures de garde à vue. Sous prétexte d’une consigne très stricte de la préfecture qui invitait à interpeller les individus « dont l’apparence et le comportement laissent supposer l’appartenance à un groupe à risque de la mouvance anarchiste ». La section antiterroriste du parquet avait les coudées franches pour mettre à l’ombre les individus louches selon les soupçons d’un nouveau délit de sale gueule. La Mauvaise réputation revue et actualisée par un Brassens et direct, on l’aurait mis au niouf, le poète révolté. En 2009, dans la nuit du 4 décembre, des gus s’attaquèrent à des distributeurs automatiques de billets avec des marteaux, de l’acide et de la colle afin de les rendre inopérants. Une soixantaine dans l’est parisien furent touchés par leur sauvagerie.
L’homme ouvrit le nœud de sa cravate et s’épongea le front avant de reprendre. Léa considérait le lustre antique.
-                     Je reprendrai bien un second verre de cet excellent breuvage qui m’ouvre de nouveaux horizons…
-                     Non. Je veux que vous gardiez les idées claires à tous mes propos. On vous sait parfaitement innocente de la bombe qui a explosé dans le local de votre webzine. Mais dans le contexte où il faut trouver un nouvel ennemi intérieur pour maintenir dans la peur la populace avant les prochaines élections de 2012. Vous représentez le monstre personnifié à abattre.
Léa haussa les épaules et commença à se lever.
L’homme la perruque de travers qui suait à gros bouillons lui tordit le poignet dans un subtil effort pour garder son sang-froid qu’il avait très chaud en fin de compte.
-                     Je peux vous aider. Il y a un moyen de jeter l’éponge sur votre emprunt substantiel involontaire, (hum hum raclement de gorge) en échange d’une simple enquête. Nous vous garantirons les défraiements en toute quiétude ainsi que le matériel nécessaire à vos investigations et nous pourrons même vous dénicher un grand quotidien français pour vous exprimer. Qu’en pensez-vous ?
-                     Nous ne sommes pas à acheter. Notre liberté n’a aucun prix.
-                     Attention, le plan B peut être très méchant.
-                     Vous ne vous sentez pas ridicule dans vos fringues de cadre moyen sortant du bureau. Oh, mais regardez les deux zigotos qui viennent d’entrer. Ils sont incroyables. Ils ont perdu l’usage de leurs corps.
-                     Ce sont des zentai, ils sont revêtus d’une combinaison intégrale qui recouvre leur anatomie comme une seconde peau. Ils popularisent des pratiques sexuelles venues du Japon. Je parie qu’ils vont se payer une tranche de plaisir au El Cancrejo[3], un cabaret très animé.
-                     Vous êtes incollable, vous alors ! Et une fois enlevé complètement votre uniforme, vous ressemblez à quoi ?
Un rictus marqua la gêne de l’homme qui savait tout.
-                     Léa je vous laisse deux jours. Je ne voudrais surtout pas qu’il vous arrive du mal. Faites passer le message à vos amis. On attend  votre réponse. C’est moi qui vous recontacterai. Je ne vous retiens pas. N’oubliez pas que je suis un ami qui vous veut du bien.
Son regard glissa entre les fesses de l’activiste qui d’un bond s’éjectait du bar, les cuisses à l’air libre.

Léa retrouva son clan à Can Más deu, alors qu’ils commençaient déjà à envisager des hypothèses plus tragiques.
-                     Ce type me parait extrêmement dangereux. A moins que Frédéric ne nous donne un sérieux coup de main afin de construire une fusée en quarante-huit heures, je ne vois aucun moyen de lui échapper.
Joël consultait le guide européen des utopies, son agenda personnel. Nils se frappait un poing sur l’autre tandis que Dagmar criait sa rage.
-                     Scheiss[4], encore un de ces tarés de mec qui aurait dû naître fille ! Je peux l’aider à changer d’angle d’attaque à ce porc !
-                     Pour une fois je consens d’approuver la teutonne. Je crois qu’il ne nous reste qu’une seule solution. Faire disparaitre définitivement ce nuisible
-                      Joël, dis quelque chose !
-                     Je crains que cette sorte d’individu se reproduise comme des clones. Si on le tue, ce dont je me sens totalement incapable et qui n’était pas du tout prévu dans notre escapade, je crois que je me rendrai à la police.
-                     Toi, légalement, tu es mort, alors ne fais pas chier.
-                     Tu ne vas pas baisser les bras, Joël, pas toi.
-                     J’ai repéré d’autres lieux d’utopies qui pourraient nous accueillir en Europe dont un situé à une heure de Berlin. Zegg, tu connais Dagmar ?
-                     Après un cimetière, une léproserie, tu nous proposes maintenant un ancien camp de la Stasi[5] voué en tant que laboratoire des politiques de l’amour. Je rêve ! Vous êtes tous barges !
-                     Faites l’amour pas la révolution, oui j’en ai entendu parler à Oslo.
-                     Il faut choisir, soit on tue l’affreux ou on se barre s’éclater les sens chez nos cousins germains ?
-                     It’s big dilemme ! On met aux voix….

Vos héros favoris prennent une semaine de vacances. Vous les retrouverez mercredi 27 juillet !


[1] (Le Mont des Juifs) 
[2] Film de Lucas Belvaux
[3] Cabaret le Morpion
[4] Merde
[5] Police secrète est-allemande

jueves, 30 de junio de 2011

18. Léa se lance et balance à bouche que veux-tu !

Résumé du précédent épisode : En Euskadi, les activistes ont fait bombance avant de manifester à la centrale du Blayais. Sauf que, faute à pas de chance ou inconséquence, leurs bouilles se sont affichées sur l’ordinateur de Lebourrin qui convie un étrange personnage avec lequel il est sur le point de passer un marché.

1.                 T’es complètement dingue mon amour ! Tu ne peux pas rencontrer ce pseudo journaliste qui peut se cacher sous la casquette d’un flic, c’est trop risqué.
2.                 Calme toi ma belle teutonne aux obus divins, Nils va m’accompagner. Je ne risque rien.
3.                 Léa, dans ce cas je viens avec toi.
4.                 Désolée ma chérie d’amour tu risques de tout faire foirer. La vision de burnes sous un pantalon te donne la gerbe et la haine.
5.                 Je serai sage comme une image, je serai la garde rapprochée de ton  corps.
6.                 Justement, il n’en est pas question.
Dagmar sortit de la caravane en claquant la porte.

Frédéric, passablement amoureux, était parti surfer sans les vagues à l’âme familiale, avec Hegoa au Mexique et la bénédiction de Joël. De retour pour un bref passage en Gironde, Léa avait été contactée par un chroniqueur girondin, un certain Franck le Bartos, de mèche avec le groupe Joan Pau Verdier[1] d’Aquitaine. Il lui proposait une interview libre de propos pour s’expliquer et se défendre contre le réquisitoire des pandores qui lui courraient aux basques. Le zigue écrivait pour un webzine basé à Paname. Il avait la plume pas du tout à l’ordre du jour des convenus journalistiques. Léa était intriguée. Nils comme à l’accoutumée était septique comme une fosse bouchée et Dagmar rêvait de lui tordre les couilles pour lui apprendre à se couper la nouille à ce con.
Ils avaient rencard à l’Estaminet d’Uzeste, le quartier général musical textuel de la Compagnie Lubat[2] dans l’autogestion des sons festifs et vivants de Gasconha.    Nils sur sa bécane avait repéré les lieux. La voie était libre. Le Bartos était ressorti avec Léa qui le menait à la bagnole où elle lui attacha les poignets dans le dos et lui passa un bandeau sur les yeux. Les activistes fouillèrent le chroniqueur la bouche en cœur et ne décelèrent aucun micro néfaste caché sur lui. Nils prit le volant et emmena le joyeux aéropage vers une plage encore déserte. Ils décidèrent de tous les critères idoines pour accepter que Léa se fasse tirer le portrait et donne de la voix devant un fond neutre représentant le port d’Honfleur, qu’avait confectionné Nils, histoire aussi de brouiller un peu plus les pistes. L’interview eut lieu d’une traite avec des questions ouvertes. Ce qui permit enfin à Léa de mettre une bonne fois pour tous les points sur les i. Elle fulmina contre sa condition de sans toit ni loi qui lui était imposée. Elle était innocente de tous les méfaits explosifs contre la rédaction de Webactu et pas du style à se faire sauter le caisson avec ses amis journalistes. Les accusations devaient se porter du côté des renseignements généraux à la solde de la clique du sarkophage et des grands patrons du nucléaire français qui voulaient garder leurs avantages sur cette énergie imposée par la force et contre le gré des populations, depuis les années Giscard. Fukushima avait prouvé les dangers avérés du nucléaire civil sans en tirer tous les enseignements. Elle ne pleurait pas Anne Lavergerond virée de son poste de grande propagandiste en chef de la nucléocratie à la française. Sans doute qu’à force de bétonner ses centrales, son compteur Geiger avait dérapé ! Celle-là même la mieux défendue par le coq du ps, le F. le Hollandais qui pourrait devenir président de la république en 2012 ! Bonjour le cauchemar radioactif, la rose au poing. Celle qui fut aussi une proche collaboratrice de Tonton premier dans les questions de stratégie économique. Avec DSKAS, encore lui, qui la nomma PDG de la Compagnie générale des matières nucléaires qui deviendra Aréva. Combien la chère très chère dame allait-elle toucher au chomdu, sachant que son salaire s’élevait à la bagatelle de 1,12 millions d’euros par an ? Avec une telle somme on pourrait lancer l’idée des panneaux solaires pour toutes les habitations. Et puis pour une fois qu’elle pouvait s’exprimer. Léa se lâcha contre les ayatollahs pseudos scientifiques officiels qui pourrissaient les médias de toutes leurs inepties. Ce Luc Ferryboat, arnaqueur universitaire glandos, qui fit entrer au Conseil d’analyse de la société (un simulacre d’incapables) Amélie de Bourbon-Jambon de Parme épouse d’un des frères Boudinof. Sachant que les frangins avaient pondu récemment une nouvelle arnaque intellectuelle (une de plus !) tant scientifique que rationnelle touchant cette fois les hautes sphères du cosmos, qui aurait été conçu selon un haut jet de foutre divin ! Sachant aussi, digne retour de manivelle entre ami, c’était le féru Ferryboat qui écrivit la préface de ce chef d’œuvre ! Toutes les obédiences putatives étaient représentées dans cette noble assemblée…
7.                 Hum, hum, vous ne trouvez pas qu’on s’éloigne un peu du sujet, tempéra le Franckos un peu dépassé par les évènements ?
8.                 Tu me laisses parler ou je me barre, compris ? J’abrège aussi les facéties du Claudio Allegro qui soutient mordicus l’inexistence de l’amiante dans les soutes de la fac de Jussieu, alors que j’étais sur le point de le démasquer, avant que cette bombe ne me détruise l’existence. Je finis. Dans cette société des amis du Ferryboat, on y trouve  tout droit sorti du chapeau du magicien Gnangnan: un cureton, un rabbin, un islamologue et même en cas de maladie avérée, la directrice générale en charge du laboratoire Servier qui pouvait vous sauver la vie en vous proposant son bonbon favori : le Mediator ! Passez la monnaie et les tours de passe-passe… Toutes ces crapules accaparent les médias et évincent les instances objectives et les associations indépendantes à propos du nucléaire. Je vous demande un peu, pourquoi la médiocratie, pour remplir la part de cerveau disponible et la panse grasse, vogue grand largue sur la populace abrutie et désinformée ?
Elle termina son numéro de trapéziste avec son hiatus dont elle était le plus fière.
9.                 En matière de nucléaire, il n’y a que les failles qui aillent à la France. Boum quand le nucléaire fait boum. Rideau.
Afin de garder le contrôle complet sur l’enregistrement, Nils subtilisa l’enregistreur des mains du Bartos.
10.            C’est nous trois qui retranscrirons l’enregistrement et qui te ferons parvenir le résultat près à publier.
11.            Mais, je ne te travaille jamais de cette manière !
12.            C’est ça ou rien du tout, pigé mec ?
Devant l’air menaçant du géant le chroniqueur remballa ses remarques.

Pendant que ça gaussait dans le sud-ouest, à Paname, l’homme en costume cravate de marque qui se prenait très au sérieux ouvrit une enveloppe remise par Lebourrin. Elle  contenait des renseignements pointus issus du réseau national de surveillance des citoyens. Lebourrin, en tant que fonctionnaire trop pingre de son salaire de misère, savait offrir ses services au plus offrant. Il en était même assez fier finalement. Mis en confiance dans ce contexte de complaisance des sens et des révélations onéreuses, Lebourrin tenta une légère inclinaison à porter de la voix.
13.            Vous savez peut-être déjà où ils logent en France ?
14.            Il sentait bon le sable chaud, mon légionnaire. Abruti, tu connais ?
15.            Faut que j’en cause deux mots à Madame Romano.
16.            C’est qui encore celle-là ? C’est une indic ?
17.            Oui et non, ce serait trop long à vous expliquer, n’empêche…
18.            Ferme ton clapet. J’y vais. Je te tiens au courant. Motus et bouche cousu à propos de notre accord. Sinon….
Il mima le sourire kabyle qui riait aux éclats.

19.            Les filles, les filles, Joël nous a déniché une planque fiable à Barcelone : Can Masdeu[3], une ancienne léproserie !
20.            Tu charries mon pote, après le Père Lachaise, tu nous enterras tous ! Je préfère encore les sushis radioactifs !





[1] Joan Pau Verdier : auteur/ compositeur/ interprète franco/occitan : http://joanpauverdier.free.fr/actualite.htm
[2] Bernard Lubat : scatrap jazzcogne : www.cie-lubat.org/Oeuvriers/Bernard-Lubat
[3] Les sentiers de l’utopie, un livre film d’Isabelle Fremeaux et John Jordan, éditions Zones, 2011


miércoles, 27 de abril de 2011

9. Révolution

(Résumé de l’épisode précédent : Atmosphère, atmosphère irrespirable entre les trois épidermes activistes planqués dans une tombe. Ça risque de péter ! Dagmar enfourche sa moto pour prendre l’air. Tandis que Lebourrin, rencardé par la mondaine, croit tenir le ticket gagnant sur une chanson rock !).  


Un groupe de plus en plus nombreux était massé à l’entrée d’un magasin de télés dans l’entrée de l’immeuble. Certains appelaient leurs amis sur leurs cellulaires, il régnait une émotion intense, emplie d’une dignité palpable. Un large écran plat dernier modèle diffusait des images de CNN International. Elles étaient si incroyables que Dagmar, hallucinée, rejoignit le groupe.

Place de la Libération, au centre du Caire, en Égypte, des millions de manifestants embrassaient des soldats égyptiens. Toutes les classes, tous les sexes et tous les âges étaient mélangés. Leurs pancartes, en arabe et en anglais, demandaient le départ immédiat du tyran Moubarak qui rançonnait leur pays depuis trente ans. Les Marocains, les Algériens, les Libyens, rassemblés face à l’écran considéraient en silence l’impossible advenu sous leurs yeux, plus gros que leurs ventres. Les Tunisiens étaient embrassés, félicités, certains pleuraient de joie, d’autres remerciaient leurs dieux. Un jeune Algérien souriant lui demanda ce qu’elle cherchait, si elle avait besoin d’aide. Dagmar pointa l’écran du doigt alors que les manifestants montaient à l’assaut de la statue équestre d’Alexandre Le Grand en brandissant leurs drapeaux égyptiens et balbutia avec son fort accent allemand. On la fit passer jusqu’aux premières places. Un contagieux frémissement emplissait l’atmosphère. Dagmar reconnut dans l’instant ce frisson qui l’avait prise à accueillir ces premiers réfugiés Allemands de l’Est à la frontière austro-hongroise, ceux qui les premiers avaient osé cisailler le rideau de fer qui en conséquence s’était totalement écroulé six mois plus tard avec le rachat par Helmut Khôl des dettes soviétiques et le conséquent effondrement du mur de Berlin. Elle comprit que l’Histoire était en train de s’écrire, cette fois-ci, au pays des pharaons. Si jamais l’Egypte parvenait à secouer le joug du tyran Moubarak, alors la région toute entière, jusqu’aux frontières de l’Asie, aurait le courage d’exiger la démocratie, la liberté. Puis le Premier Ministre espagnol, Zapatero, prit la parole et défendit avec enthousiasme le peuple égyptien. Les journalistes américains se surprirent de ce sursaut européen, le seul en son genre, tous les chefs d’Etat européens semblaient eux aussi avoir passé ces derniers jours dans un caveau, ne savaient rien de l’Égypte et ne donnaient pas signe de vie. Mais à l’écran apparut ensuite une carte significative : le chemin que devraient prendre les supertankers si jamais Suez était fermée passait par le contournement de l’Afrique et le premier pays européen qu’ils rencontreraient ensuite était l’Espagne.

 C’étaient d’excellentes nouvelles. Dagmar sut qu’elle n’avait plus rien à faire à Berlin. Elle devait avertir Léa de toute urgence. Tel qu’on le connaissait, Joël devait déjà se trouver dans la foule égyptienne, brandissant le poing sur la place de la Libération au Caire.

Dagmar reprit le chemin du cimetière du Père Lachaise, grinçant des dents en songeant à ce que ce Nils avait bien pu tenter en sa courte absence. Les feux verts se succédèrent comme par magie. Elle se sentait portée par la force de l’Egypte et avec habileté zigzagua entre les blindés des CRS qui en longue et lourde file semblaient se diriger au même endroit. Un coup d’œil dans le rétroviseur la convainquit qu’il n’y avait plus une minute à perdre. Un dispositif policier conséquent était en train de se mettre en place autour du cimetière. Avec un peu de chance, les flics parisiens, pas rapides en information tout comme le gouvernement français, ne seraient pas au courant de la brèche, selon Nils ouverte il y a peu par les pilleurs de tombes. Ça valait le coup d’essayer.

miércoles, 6 de abril de 2011

1. Un tren en la noche


(Resumen del capítulo anterior: Léa, periodista científica a Webactu, está convencida de de los peligros de la radiación en el laboratorio de Marie Curie, ubicado en la Universidad de París V, dado el gran número de cánceres detectados entre los investigadores que hayan estudiado allá. Es difícil convencer a los demás...!)



Todos hemos tenido un oso de peluche, una jirafa, una garza, un tigre o un cocodrilo o incluso una tortuga que nos ha acompañado en los primeros momentos de nuestras vidas y que nos sigue a lo largo de nuestra existencia. Una de las muchas contradicciones de Lea anidaba  en una marioneta exuberante, la Singette, ofrecida por sus padres en Navidad cuando tenía tres años. Se había erosionado su piel, sus ojos apagados. En un frenesí de feria, decidió darle una segunda oportunidad, aprovechando sus vacaciones en las Ardenas para ir a florecer las tumbas de sus antepasados.

Lea gravitó en la
bucle de
Monthermé, quería llegar a la evidencia de primera mano en torno a  esa eminencia en el paisaje que agitó tanto los manifestantes de las Ardenas en los años setenta. Desde sus chimeneas, un fragante humo rosa se alzaba en un cielo lavado, muy por la mañana, y escupían sus vapores de letargo. Una potente red de alambre de púas cerraba su perímetro. En letras mayúsculas, la planta de energía nuclear Chooz había vuelto impracticable la natación y la navegación en las aguas del río Mosa. Un río de la fortuna de tiempos inmemoriales, época del intercambio, burlándose de toda la magia de la electricidad consumida como fuente de energía única. Lo que le acordó de repente, como una emética repetición, el tema impuesto por el Jefe de Redacción: el envenenamiento del Estado. Otra de esos temas recurrentes, tan atroces que sólo se ajustan a hundirse bajo el edredón con la Singette y no pensar en nada más. Estado: ¿irresponsable o inhumano? Al parecer, los patrocinadores de Webactu debían considerar el cocooning como una valor a la alza. El miedo siempre vende.

La mirada de Léa se derivó hacia su marioneta. El juguete estaba pegado a la pantalla de su ordenador. Esa extraña realidad se mezclaba entre el pasado simple y el presente de todos los disgustos. Sin orden: los insultos de Joel, los setenta mensajes de spam, los anuncios de ofertas, concursos u otras ofertas de sujetador vibrante. Entonces, finalmente, ese correo electrónico enviado desde Berlín. El mensaje estaba vacío y contenía imágenes y texto sobre "El tren de la muerte" que recorría parte de Francia antes de entrar en el territorio teutón fue recibido por la población con júbilo y cuidado de no dejar que se conten. Noticias de Google le aprendió que su buena amiga Dagmar había venido desde Berlín para cubrir el evento para la Republica de Weimar, el sitio de una cooperativa de artistas y activistas en Berlín. Ah, Dagmar! Era una vida loca a bordo de la noticia y ¡sin piedad! En las oficinas de la Republica de Weimar donde tamborileaba su teclado, la habían apodado cariñosamente ¡"Pasionaria”! Sus facciones mostraban el carácter etéreo de los personajes de Stoker, hambrientos de sangre fresca ... la sangre de los explotadores. Se comprometieron a encontrarse en el momento exacto en que la policía antidisturbios cargaría a los manifestantes en contra del tren radioactivo. Se trataba de una broma privada entre ellas dos, en honor de su juventud, cuando abortaron la carga de la policía antidisturbios enfrentados con los estudiantes de medicina, haciendo volar sus faldas escandalosamente, montadas a horcajadas en la nerviosa Husqvarna Trial Especial Dagmar.

A lo largo del tren, en Normandía, en Alsacia, el espectáculo de la oposición negándose a dejar el paso al tren y su peligrosa carga fue suficiente para restaurar los ánimos. Los editores políticos acreditaron el resurgimiento de los Verdes alemanes a más del 30% de los votantes, igual a los resultados de los socialdemócratas, sin precedentes en la historia de esa joven Alemania reunificada. Sin embargo, ni Lea ni Dagmar, que ya habían contemplado el desastre de esas coaliciones del otro lado del Rin, se engañaron. Las veletas Verdes acordaban sus violines para ser sobrepujadas al mejor postor. La figura del Gran Rojo ya había pasado por todas las tendencias políticas, estableciendo su reputación, daba escalofríos.

Léa siguió el camino del tren sellado, en el centro de grandes eventos. Se encontró con Dagmar a través de Facebook y Google Maps. Ella estaba encantada: en el centro de la acción, aunque sabía de antemano que no iba a obtener el visto bueno del jefe de redacción para un artículo específico sobre los residuos radiactivos. Y entonces le serviría a su letanía eterna sobre lo que él había impuesto... Olvídese de digresiones, por muy convenientes que sean ... El envenenamiento de Estado como un corsé! Sin embargo, este tema de los residuos no era irrelevante ¡ni mucho menos! Sobre todo ya que Areva había dicho que no era el primero ni el más importante de la historia! ¿Dónde había ido  a parar  esos vergonzosos transportes (especialidad Kiriquiqui) de miles de toneladas de residuos nucleares? Si no fuera eso envenenamiento del Estado, e incluso de Comunidad ... Pero Léa sabía que siempre podía vender sus textos en las páginas web de las revistas femeninas, que en aquellos días se abrían  a nuevos contenidos y excitantes. Por lo tanto ella no pudo contenerse y se lanzó de cabeza en el cuerpo a cuerpo con la masa verde.

Los acólitos del Gran Rojo, verdín ahora seguidor de pelotazos,
​​hicieron una gran impresión. Enmarcaban el evento como en la televisión, susurrando entre sí a través de teléfonos y diminutos micrófonos, constantemente comprobado su eficacia. Ellos guiaron Léa por los bastidores de las festividades. En el Área Central, un importante diario francés, organizaba en colaboración con una revista económica alemana un foro titulado "Hacia un planeta sostenible". La gran broma del sub-desarrollo sostenible podría comenzar. Cierta Cecilia, de  pecho ventajoso portavoz, consagrada portavoz gabacha todos los ecologistas, colmó las expectativas subiéndose a la tribuna. "Tendemos a creer que los ambientalistas creen que el petróleo es negro y sucio, que no gusta. Pues ¡no es todo! En cambio, el petróleo es muy valioso, de gran utilidad. No hay sustitutos conocidos, fáciles de usar para todos sus usos, por lo que debe ser preservado. “Será una empresa petrolera que financiaría la campaña de los Verdes en 2012. "Debemos reconocer que los aplicaciones de los recursos fósiles son sencillamente increíbles. Pueden hacer volar los aviones, componen la estructura de las prótesis de cadera, cubren los cuerpos, protegen a las familias, los empleados los usan para ir a su lugar de trabajo, en breve, apoyan y sostienen todas las actividades esenciales de la vida cotidiana de un hombre ... Los hemos de ver como una energía con usos extraordinarios! . Otras discusiones de la misma calidad oncológica envolvieron a la audiencia que aplaudía,  formateada con agua bendita, mientras que los activistas se encadenaron a los carriles para detener el avance del tren de los residuos nucleares. También estaba el payaso Ministro de crecimiento verde. La fiesta se habría perdido sin la pompa de la inconmensurable Axel de Rothschild, que venció con su abanico de encaje negro a todos que le gustaban, que sean derechistas,  izquierdistas o verdes o, incluso rojos (una especie en peligro de extinción desaparición). Hubo otras enormidades y personalidades en esta gran celebración familiar, el festival ecológicamente correcto, con su guinda en el pastel con crema: la presencia de un psiquiatra, el arcángel de los medias y eco de las habladurías, que preconizaba ante una larga audiencia la resiliencia de la capa de ozono. Léa se sentía mareada por la peregrinación. En consecuencia, en la tienda de campaña que compartía con Dagmar, la escritura del famoso artículo atascó  un poco en un Dantesco infierno de contexto.

Apenas mencionó su intrusión en el negocio verdín y eligió, a modo de ocio, encornarse con las ramificaciones de contrabando de uranio de todo tipo en relación con el “tren de la muerte " . Las municiones de uranio empobrecido seguían vendiendo bien en los países en vía de desarrollo. También eso relevaba del envenenamiento de Estado. Pero tenía que concentrarse. La periodista tenía dos días, ni una hora más,  para hacer un texto seductor sobre las manifestaciones ecologistas francesas en la sección eventos del "Hot Pages" de una revista femenina... así que tenía tiempo suficiente para disfrutar de uno de sus rituales. Abstraída de su ropa, con las piernas entre cruzadas sobre una estera de rafia, chupaba un joint de una hierba deliciosa. Micro altavoces solares le cosquillaban los oídos con Teen Town de Weather Report con Jaco Pastorius en lo agudo del palo de su bajo, cuando su teléfono celular vibró desde su montón de ropa, desde lo más profundo de sus bolsillos...