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L'une vit au milieu de la Méditerranée, l'autre sur les rives de l'Atlantique. Ils ne se sont jamais vus mais écrivent à quatre mains et deux citrons givrés.
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viernes, 12 de agosto de 2011

23. Archéologie alternative

Résumé du précédent épisode : Dans le train vers Berlin, Joël et Dagmar croisent un membre actif du collectif des artistes russes de Voïna. Dagmar est évasive. Quant à Joël, il est conquis. Arrivés à Berlin, Dagmar lui fausse compagnie. Joël doit se rendre seul à Zegg…


« Joeeel ! Mais ton nom est un cri de joie qui illumine le monde entier ! »
Le rédac’chef tenta de cerner le sujet de ses bras maigrichons mais Zelda, poétesse tchèque, l’un des plus vieux piliers de Zegg, s’échappa une fois de plus, mue par une féline agilité qui ne semblait compatible avec ses formes opulentes. Ses yeux brillaient, ses seins frémissaient dans son décolleté.
-         Prune maligne
Mes yeux te déshabillent
Ma bouche supplie ton eau    
Implore ton don sans conditions
J’intégrerais ta substance
Lentement je te dévorerais…
-         Zelda ! Ma Safo !
-         Ouiiii ! J’adore les femmes autant que les hommes !
-         Attends-moi, chérie, je viens…
La poétesse tchèque s’enfuyait, toujours hors de portée, pour instantanément revenir le provoquer. Elle s’accrocha à la balustrade en faisant saillir ses fesses splendides. Son chemisier remonta le long de son échine, découvrant une moulure art déco tatouée au creux de ses reins. Zelda semblait cracher du feu lorsqu’elle chantait le grand air de la Traviata en s’enfuyant aux étages supérieurs. Joël se sentait perdu et désirait se perdre plus encore dans ce labyrinthe de la communauté Zegg où elle l’entraînait.
-         Comprends-moi, je me charge de vérifier tes connaissances et aptitudes pour l’amour libre ! Peux-tu éviter tout sentiment de possession ?
-         Mais ma petite demoiselle de Prague, j’ai étudié, qu’est-ce que tu crois ? Viens donc par ici voir dans ma culotte, j’y ai tous mes diplômes !
-         Rattrape-moi, escargot ! Et sais-tu que les gastéropodes ont tout pour me séduire ? Car ils sont hermaphrodites, les chéris ! Hihihi !
-         Attends-moi, mon cœur, je te démontrerais que je suis une lesbienne patentée…
C’était dans un grenier que se jouerait le jeu. Zelda tournoyait sur elle-même, s’enroulant dans les toiles d’araignée qui formaient des étoles. Elle trébucha sur une cassette vidéo et s’écroula sur une caisse d’où sortit beaucoup de poussière et quelques autres cassettes vidéo hors d’âge. Joël s’apprêtait à sauter sur l’appétissante tchèque mais au dernier moment, l’intitulé d’une cassette vidéo attira son attention : « Réunion Wolf-Momo automne 87  Projet ZEGG».
-         Dis-moi très chère, ne sommes-nous pas en train d’essayer de faire l’amour dans la mémoire de Zegg ?
-         Viens, espèce de fou ! Tu m’exciiiiiiites !
-         Range tes phérormones deux secondes… Faut que tu me trouves un magnétoscope en état de lire cette vidéo de toute urgence…
-         … Tu es au paradis de la récupération, l’ex-Allemagne de l’Est… Viens dans ma piaule, mon magnétoscope PAL se défend pour son âge… Et je peux même te faire une copie à DVD…
-         Je suis fou d’amour pour toi, Zelda. Allons-y tout de suite…
Finalement, c’était encore plus horrible que ce Joël avait imaginé. Même Zelda, qui vivait à Zegg depuis 35 ans, proposa de quitter les lieux au plus tôt. Markus Wolf, le chef des services secrets de l’Allemagne de l’Est, avait choisi Zegg, la communauté de l’amour libre, comme base d’un réseau mondial d’espions spécialisés dans le sexe en tant qu’outil politique. Tout au long du film, il en discutait avec un certain Momo, ancien de mai 68 viré soviet qui semblait au fait des réseaux alternatifs français et allemands. Ce dernier affirmait que dans les orgies se retrouvaient tant les partisans de l’amour libre que d’anciens militants « tout un potentiel de propagande » que l’on pouvait « utiliser pour des buts plus élevés ». Les deux compères faisaient l’inventaire des magouilles de coercition sexuelles qu’il était possible d’employer afin que les politiciens prennent le juste chemin.  « Sans compter les éventuelles rentrées d’argent… » ajouta Momo avec un clin d’œil graveleux insupportable.

Joël et Zelda, terrassés par la révélation, infortunés spectateurs découvrant leur clan trahi et traître, n’osaient plus se toucher, tant l’amour avait pris une connotation infecte. Le magnétoscope disjoncta de lui-même, sans doute écœuré, après que Markus Wolf eut expliqué avec clarté comment discréditer les « militants trop remuants, comme les anti-nucléaire » par « des tactiques de mouillage en eaux troubles », comme par exemple envoyer des filles Zegg sur les sit-in anti-nuke.
-         On est toujours un peu manipulés, non ? risqua Zelda dans le silence qui s’était installé
Elle saisit la main de Joël et la tint serrée dans la sienne, entre ses seins. Joël pensa tout d’abord à se dégager puis la chaleur convaincante de Zelda le gagna et, pour la première fois de sa vie, il s’effondra en larmes. Les seins de Zelda exhalaient un parfum qui les rendait douces. La poétesse tchèque chantonna dans sa langue rocailleuse puis :
-         Joël, je crois que tu es arrivé ici juste à temps. Il faut laver Zegg de sa propre histoire. Parce que le concept Zegg est beau, et qu’il reste beau même si un fou sanguinaire cherche à se l’approprier.
-         C’est vrai que ce n’est pas parce qu’Hitler a créé les autoroutes ou la berline familiale qu’on a arrêté de voyager…
-         T’as du pain sur la planche, mon coco… Va falloir démonter tous les péages mis en place par ce salaud de Markus Wolf… Tu connais des gens qui peuvent nous aider ?
-         C’est la cuadrature du cercle, ma chérie… Je viens juste de rencontrer un groupe d’activistes russes. Ils se nomment Voïna…
-         D’anciens soviets, tu veux dire ? Ce serait parfait pour démonter le travail fait pour leurs ancêtres !
-         L’Utopie n’est pas morte, ma Zelda !

Alexandre, de son côté, tentait de faire entendre le même genre de raison à Léa, mais elle était tout aussi rétive que Joël.
-         Je te dis que les Verts et Greenpeace ont permis l’abaissement des températures des farines carnés, regarde les heures de la Chambre des Lords, c’est écrit noir sur blanc pour l’année 1977.
-         Et pourquoi ils auraient fait ça ?
-         Est-ce que je sais, moi ? Peut-être cru ont-ils que les farines carnées données en pâture à des herbivores étaient une forme de recyclage ? Peut-être désiraient-ils ne pas être jugés comme de dangereux communistes pour leur premier mandat d’élus ? Peut-être Margaret Tatcher leur a-t-elle promis des poubelles recyclables ?  Peut-être y a-t’on mis le prix ?
-         Tout a un prix, merci, je sais. Il se trouve que je paye le tarif plein pot et que donc je n’accepte pas qu’un traître me donne des leçons à la noix en disant du mal de mes amis.
-         Ta gueule, poupée d’amour, je crois qu’on a de la visite…

Léa, furieuse, balaya d’un grand geste théâtral le rideau cramoisi de l’hôtel, dévoilant ainsi l’étrange panorama de la rue Arc du Théâtre. C’était comme une impasse qui donnait sur les Ramblas, où l’on voyait encore des graffitis sur les murs et où les vieux pervers venaient encore pisser en mémoire des glorieuses putains qui s’y aggloméraient en des temps plus folkoriques. Un touriste européen du Nord, blond, de haute stature, prenait des photos de la pierre ou arrêtait les passants pour leur poser des questions. Il semblait chercher quelque chose. Lorsque Léa parvint à scanner son déguisement, ses pupilles se dilatèrent. Alexander, qui la rejoignit à ce moment-là, l’étreignit de façon à ce qu’elle ne puisse ignorer l’excitation qui le reprenait. Sa main poilue alla fourrager sous la robe de Léa, tandis qu’Alexander la maintenait plaquée contre la vitre. Le pouls de Léa s’accéléra. La seule pensée qu’on puisse la voir en situation délicate la faisait frémir. Alexander profita sans vergogne de cet état de fait, introduisant ses doigts préalablement sucés dans l’intimité de Léa. Lorsque Nils passa tout à côté sans les voir, l’orgasme la bouleversa alors qu’Alexander la bâillonnait. Après il fuma une de ces cigarettes russes à filtre doré. Alors qu’il la passait à Léa, encore étourdie :
-         Qui c’est ce pédé ?
-         Je peux t’assurer qu’il n’est pas seulement pédé…
Alexander tira sur sa cigarette sans le moindre commentaire. Léa se refusa à imaginer une rencontre de ces deux hommes. Puis brusquement, comme par hasard, elle ne put s’empêcher de penser à Dagmar. Que serait-il advenu de sa tendre amazone ?

domingo, 26 de junio de 2011

17, Un jour il faut passer à la caisse

Résumé du précédent épisode : Joël tente une escapade depuis le Pays Basque via Barcelone pour s'envoler vers l'Islande quand un méchant nuage le cloue au sol. Il entend les échos de Lucio un militant libertaire tandis que les autres activistes se bougent depuis Pyla et que Léa veut aller manifester contre la centrale nucléaire du Blayais en Gironde.


-         Abruti ! Crétin ! Bâtard, ahuri, honte de la famille ! Soixante-huitard de merde ! Comment as-tu osé ?! Mon petit Frédéric...
-         Ma chérie ! Ce n'est pas du tout ce que tu penses !
-         Je ne suis plus ta chérie depuis au moins trente ans ! Est-ce que tu saisis au moins ce que signifie un Bac C ?
-         Mais avec son prix au concours Lépine, il rentre au MIT[1] comme il veut !
-         Il ne manquait plus que cela, qu'il disparaisse outre-Atlantique ! Non mais tu te fous vraiment de la gueule du monde ? C'est pas parce que tu t'es pas foulé à te reproduire qu'il faut détruire les familles de ceux qui t'aiment!
-         Excuse-moi d'insister mais je te disais bien qu'il s'agit d'un problème affectif...
-         Salope ! Crevure ! J'aurais ta peau !

Joël considéra le combiné d'un air embarrassé. Marie-Sophie, la mère de Frédéric, avait raccroché brutalement. Il valait mieux ne pas la rappeler tout de suite. Le regard de Joël dériva au-dehors de la cabine téléphonique. Au-delà des murs médiévaux, pierre  tagguée de graffitis hébreux, il y avait le célèbre bar alternatif La Vaca, planqué derrière des rideaux de fer rouillés. Hegoa avait tenu à y aller parce qu'on racontait sur la côte basque que Manu Chao, le swing aux basques, y jouait parfois des bœufs sur les caisses en carton faisant office de table. Joël  les imagina tous les deux, les mains dans les mains. Ils attendaient le verdict. Hegoa devait partir au Mexique, à Puerto Escondido, se fondre dans les impressionnants rouleaux du Pacifique. Pour Frédéric, il n'y avait aucune négociation envisageable. Il devait suivre Hegoa afin de la protéger des serpents de mer, des requins et de ses collègues surfers aux corps athlétiques et basanés. Mais le môme avait tout de même pressenti l'ouragan maternel à cause du bac C et supplié que Tonton se colle au jeu du médiateur.  Joël se gratta la tête : comment allait-il leur annoncer ça ?

Niels conduisait la voiture hybride qu'il avait louée à Hondarribia, sitôt passé le fleuve-frontière. L'exigence immédiate de Léa l'avait cependant saturé. Comment pouvait-elle être aussi légère ? Elle avait insisté, soutenue sans défaut par sa morpionne de Dagmar, toujours plus bougonne. A 18 heures, sur la rive sud de la Bidassoa, il était hors de question de ne pas courir se goinfrer de délicieuses tapas[2] dans les bars du port d'Hondarribia. La militance ne peut pas et ne doit pas empêcher la gastronomie !  Léa eut de surcroît l'impudence de préciser que l'on y mitonnait la meilleure morue au monde, ce qui assombrit définitivement le géant norvégien.  Mais la vérité ultime, c'était que les tapas d'Hondarribia, c'était le bon dieu en culottes de velours, après tant de jambon de Bayonne... Un petit txacoli de Guetarria bien frappé là-dessus et ils oublièrent jusqu'à la centrale du Blayais où ils s'étaient rendus la veille...

En revanche, on n'avait pas oublié leur passage tapageur. Les militants déployaient sur les digues de la centrale, positionnés depuis la Gironde pour éviter les accusations d'atteinte à la propriété privée,  de grandes bâches de plastique sur lesquelles était écrit « Centrale atomique en voie d'extinction » ou encore « Déblayez le Blayais », « Gironde saine », etc. Ceux de Greenpeace vinrent serrer la pince de Nils : ils se connaissaient d'actions sur les plateformes pétrolières en Mer du Nord.  Zuleika, une grande asperge polonaise aux cheveux carotte ébouriffés, le salua l'air de rien et ils s'éloignèrent aussitôt. Ils ne se parlèrent que face au fleuve, sans témoins.
-         Ça va, Zule ?
-         Ça fait aller. Mon mec est en tôle à Dresde. Les risques du métier...
-         Mais en Allemagne, comme activiste écolo, il risque vraiment quelque chose ?
-         Détrompe-toi, depuis que les Verts sont arrivés au pouvoir, ils veulent démontrer qu'ils savent aussi faire respecter l'ordre...
-         Le pouvoir absolu corrompt absolument.
-         Bon, finissons-en avec les formalités sociales, on n'est pas sur Facebook.
-         C'est quoi cette situation d'alerte ?
-         Un chapitre de l'histoire de l'humanité, nommé « Tremblements de terre et centrales nucléaires ».  Je te jure qu'on dirait qu'ils le font exprès. Les centrales sont toutes construites sur des sites sensibles, comme ici au Blayais ou à proximité de failles sismiques, comme au Bugey.
-         Quelle est la situation sur place ?
-         Lors du tremblement de terre en Méditerranée, les piles de déchets nucléaires, oubliés depuis dix ans à la centrale du Bugey, se sont effondrées. Un de ces bidons contenait de l'eau fortement radioactive, il s'est renversé sur le sol, à même la terre. Les spécialistes travaillent afin d'éviter que cette eau contamine la rivière et provoque ainsi un accident radioactif majeur dans le Rhône.
-         Ah. C'est pas rien, tout de même...
-         Mais le problème, c'est que depuis l'accident de Fukushima, les français font dans la chape de béton armé en guise de transparence en matière de centrale nucléaire, confondant sarcophage et information démocratique. On ne peut pas approcher à moins de dix kilomètres du Bugey, la gendarmerie monte la garde pour qu'on ne sache rien, ils défendent une entreprise privée comme s'il s'agissait de l'honneur de la nation. Mais bon c'est vrai, Areva est l'exception européenne, une entreprise privée sous le contrôle direct du président de la République française... Une seule chose est sûre, on n'en saura pas plus...
-         Et cette histoire de Fukushima, c'est vraiment grave ?
-         Quoi, Nils, toi, tu n'es pas au courant ?!
-         ... J'étais absent...
-         Le plus fort tremblement de terre de l'Histoire de l'Humanité a provoqué sa pire catastrophe nucléaire. Trois réacteurs en fusion, un caisson de contention qui n'est plus étanche, des millions de litres d'eau contaminée déversés dans la mer et encore autant sur le site. Le gouvernement nippon a prétendu dès le départ que la situation était sous contrôle mais en réalité le réacteur 1 a commencé à fusionner seulement 16 heures après le séisme...

A cet instant, les CRS arrivèrent sur le site. Zuleika revint vers ses collègues, qui s'enchaînaient entre eux et aux bâches, se préparant au choc. Elle conseilla la fuite à Nils. Il repêcha à la hâte Léa et Dagmar entre des militants qui chantaient le Aka[3], pour se donner du courage et ils parvinrent tous trois à s'enfuir avant la charge policière.

Le technicien cliqua sur le bouton de droite  de la souris et choisit « Imprimer ». La photo HQ  de Nils, Léa et Dagmar s'enfuyant dans la panique de la manifestation au Blayais sortit sur l'imprimante.  Lebourrin s'en saisit et la montra à un type en costume Gucci et lunettes noires.
-         Bon, je suppose que si on file ça à vos gusses, ça sera suffisant pour les faire taire.
-         Ne vous méprenez pas sur mes intentions. Je veux juste récupérer mes fonds.
-         On pourrait joindre l'utile à l'agréable, non ?
-         Je crois qu'on ne joue pas dans la même catégorie. Je travaille pas pour l'Etat français, mes tarifs sont trop élevés pour eux.
-         Et qu'est-ce qu'on fait pour l'autre zozo, celui de Webactu ?
-         Ils sont à Barcelona, pas vrai ? Tu n'as aucune compétence de ce côté-là des Pyrénées, donc, c'est moi qui m'en occupe. Comme des autres, d'ailleurs... Et toi, tu fermes ta gueule d'incompétent.
-         ...
-         Vois le reste avec mon secrétaire. Il te remettra l'enveloppe...

[1] Massachusetts Institute of Technology
[2] Genre culinaire espagnol, élevé à Art par les basques espagnols. La tapa ou couvercle où était disposée un peu de nourriture fut destinée à recouvrir les verres des écuyers de Carlos III, afin que ceux-ci mangent entre chaque verre d'alcool et que, par conséquent, un peu moins saouls, ne fassent plus verser le carrosse royal. La tapa a pris ses lettres de noblesse au 20ème siècle, tout d'abord en Euskadi puis en Catalogne et enfin dans le monde entier.
[3] Chant guerrier maori

miércoles, 27 de abril de 2011

9. Révolution

(Résumé de l’épisode précédent : Atmosphère, atmosphère irrespirable entre les trois épidermes activistes planqués dans une tombe. Ça risque de péter ! Dagmar enfourche sa moto pour prendre l’air. Tandis que Lebourrin, rencardé par la mondaine, croit tenir le ticket gagnant sur une chanson rock !).  


Un groupe de plus en plus nombreux était massé à l’entrée d’un magasin de télés dans l’entrée de l’immeuble. Certains appelaient leurs amis sur leurs cellulaires, il régnait une émotion intense, emplie d’une dignité palpable. Un large écran plat dernier modèle diffusait des images de CNN International. Elles étaient si incroyables que Dagmar, hallucinée, rejoignit le groupe.

Place de la Libération, au centre du Caire, en Égypte, des millions de manifestants embrassaient des soldats égyptiens. Toutes les classes, tous les sexes et tous les âges étaient mélangés. Leurs pancartes, en arabe et en anglais, demandaient le départ immédiat du tyran Moubarak qui rançonnait leur pays depuis trente ans. Les Marocains, les Algériens, les Libyens, rassemblés face à l’écran considéraient en silence l’impossible advenu sous leurs yeux, plus gros que leurs ventres. Les Tunisiens étaient embrassés, félicités, certains pleuraient de joie, d’autres remerciaient leurs dieux. Un jeune Algérien souriant lui demanda ce qu’elle cherchait, si elle avait besoin d’aide. Dagmar pointa l’écran du doigt alors que les manifestants montaient à l’assaut de la statue équestre d’Alexandre Le Grand en brandissant leurs drapeaux égyptiens et balbutia avec son fort accent allemand. On la fit passer jusqu’aux premières places. Un contagieux frémissement emplissait l’atmosphère. Dagmar reconnut dans l’instant ce frisson qui l’avait prise à accueillir ces premiers réfugiés Allemands de l’Est à la frontière austro-hongroise, ceux qui les premiers avaient osé cisailler le rideau de fer qui en conséquence s’était totalement écroulé six mois plus tard avec le rachat par Helmut Khôl des dettes soviétiques et le conséquent effondrement du mur de Berlin. Elle comprit que l’Histoire était en train de s’écrire, cette fois-ci, au pays des pharaons. Si jamais l’Egypte parvenait à secouer le joug du tyran Moubarak, alors la région toute entière, jusqu’aux frontières de l’Asie, aurait le courage d’exiger la démocratie, la liberté. Puis le Premier Ministre espagnol, Zapatero, prit la parole et défendit avec enthousiasme le peuple égyptien. Les journalistes américains se surprirent de ce sursaut européen, le seul en son genre, tous les chefs d’Etat européens semblaient eux aussi avoir passé ces derniers jours dans un caveau, ne savaient rien de l’Égypte et ne donnaient pas signe de vie. Mais à l’écran apparut ensuite une carte significative : le chemin que devraient prendre les supertankers si jamais Suez était fermée passait par le contournement de l’Afrique et le premier pays européen qu’ils rencontreraient ensuite était l’Espagne.

 C’étaient d’excellentes nouvelles. Dagmar sut qu’elle n’avait plus rien à faire à Berlin. Elle devait avertir Léa de toute urgence. Tel qu’on le connaissait, Joël devait déjà se trouver dans la foule égyptienne, brandissant le poing sur la place de la Libération au Caire.

Dagmar reprit le chemin du cimetière du Père Lachaise, grinçant des dents en songeant à ce que ce Nils avait bien pu tenter en sa courte absence. Les feux verts se succédèrent comme par magie. Elle se sentait portée par la force de l’Egypte et avec habileté zigzagua entre les blindés des CRS qui en longue et lourde file semblaient se diriger au même endroit. Un coup d’œil dans le rétroviseur la convainquit qu’il n’y avait plus une minute à perdre. Un dispositif policier conséquent était en train de se mettre en place autour du cimetière. Avec un peu de chance, les flics parisiens, pas rapides en information tout comme le gouvernement français, ne seraient pas au courant de la brèche, selon Nils ouverte il y a peu par les pilleurs de tombes. Ça valait le coup d’essayer.

jueves, 21 de abril de 2011

8. Dagmar décolle : une sortie sur les chapeaux de roue.

(Résumé : Planqués dans une tombe aménagée du cimetière du Père Lachaise. Dagmar et Nils penchent pour un attentat de la DGSE contre Webactu. Lebourrin hors-jeu dans son enquête joue les cartes de Madame Romano. Difficile dans ces conditions de prévenir l’avenir !)
Nils fut aux nouvelles dans sa cabine onde courte. Les deux jeunes femmes profitèrent de sa relative absence pour se  prodiguer des soins de longue haleine, grandes eaux au programme des réjouissances. Léa reprenait des forces dans les bras de son amante. La Singette sourit aux vampires.  Dès le deuxième jour, à la mine fermée de leur géant préféré, elles comprirent qu’elles devraient faire le deuil à l’hommage réciproque de leurs béances. Nils leur fit un topo noir de la situation atmosphérique.
-          L’air est irrespirable. Ils nous prennent pour la RAF du groupe Baader / Meinhof.[1]. Avec une prime, à qui rapportera des renseignements concernant nos portraits placardés dans tous les lieux publics, avec nos caractéristiques physiques. On se croirait rendus comme au bon vieux temps héroïque de l’Allemagne fédérale. Quand on cherchait des terroristes dans les poux des milieux étudiants, en soutenant sciemment les bases américaines en Allemagne, les B52 US se préparant au largage de l’Agent Orange[2] au Vietnam. On ne peut plus sortir, nous sommes trop facilement repérables. Et je vais arrêter mes dialogues ondes courtes, par mesure de sécurité… Mais ce serait bien de reprendre contact avec les sympathisants allemands…

Les quatre yeux se fixèrent sur Dagmar, qui éructa de rage, se trahissant elle-même.
-          Me regarde pas comme ça, macho, merlu, et prends pas tes désirs pour des réalités ! Ce sera plus facile pour moi pour passer inaperçue ? Sans doute, mon grand, et pendant ce temps-là, tu feras souffrir la pauvre Léa avec ton sale machin pointu !
-          La situation parlons-en. Le délit de sale gueule, c’est pour nous et tant que Léa ne sera pas assez en forme pour bouger, on doit rester très prudents. D’autant plus, que d’après mes informations, l’étau se resserre. On ne peut plus faire confiance aux compagnes et compagnons à l’extérieur qui seront forcément pris en filature et interrogés. On ne doit compter que sur nous.

Léa apporta une certaine respiration, tapotant sur son pc.
-Les amis, vous oubliez notre outil favori !
-Vérolé jusqu’à la garde notre outil. De source sûre, un ami hacker me l’a démontré. Je ne te parle Même pas de nos téléphones portables, tous justes bons à être jetés à la poubelle. Il n’y a pas mieux comme balise et comme fil à la patte pour les flics. Pire que nos cartes de crédit.

À la grimace de Léa, Nils comprit son désarroi profond.
-          Ne t’inquiète pas frangine, j’ai un plan de repli en province. C’est une affaire de deux ou trois jours.
-          Je te croyais fils unique, salaud de macho. Vous me donnez la gerbe tous les deux, moi j’ai besoin de prendre l’air.

Dagmar était prête à claquer la lourde du tombeau, quand les bras du molosse la ramenèrent à la raison.



-          Lebourrin cheval gagnant ! Ah ah les caves !
Dans une remontée de coke, le commissaire décravaté se revit en culottes courtes, coursé par la bande ennemie qui voulait lui piquer tous ses boutons de culotte en imitant les chevaliers teutons au galop.
-          Lebourrin n’est pas le bourrin que l’on croit et d’ailleurs je vais leur prouver à ces empaffés qui me laissent mariner toute ma sueur dans ce bureau crado dans le but de retrouver les ennemis publics numéro un. Cette Léa est flanquée de deux étrangers, même pas en règle avec les services de l’immigration : mais que fait la police ? Ah, ah, ah, elle est trop bonne, faudra que je la place en haut lieu !
Il soliloquait son impuissance depuis un bon quart d’heure, quand dans un éclair, il ses idées se remirent d’aplomb toutes seules (la magie de la coke).
-          Mirza, non, la dame Romano serait une visiteuse de nécropole, la belle affaire. « Celle que vous cherchez est au cimetière », « celle que vous cherchez est au cimetière ».  Quelle conne. Je me suis bien fait avoir.

La voix lancinante de la mage à la marge de toutes les rationalités lui trottait les sabots. Léa se trouve au cimetière six pieds sous terre et l’affaire est classée. Mais oui c’est bien sûr ! Elle se trouve au cimetière !
-          Je vais joindre le petit Théo à la mondaine. Il parait qu’il s’en passe de bonnes à la tombe où il fait bon de s’asseoir. La tombe d'un soir, quelle passoire ! Ah ah ah, elle est vraiment très bonne, trop drôle !

Les orgies au clair de lune avaient toujours cours et certaines sépultures fraiches attiraient les détrousseurs de vertu moribonde. Un certain Jean-Noël Astrid coutumier du fait avait déjà passé six mois au placard. Il y avait une chanson de dérision des années 70. C’était le groupe Odeurs, si les fiches de la DGSE étaient exactes. Le tact de son chef de file leur permettait de rire dangereusement de tout avec talent  Il pianota le nom de l’énergumène au blaze de naze, un certain Ramon Pipin. Et d’un clic, il ouvrit ses esgourdes à la chique musique qui lui balançait un refrain décapant. C’était vraiment bien torché.  Astrid est à l’amour / Ce que la chambre froide / Est à l’Institut médico-légal / Et si elle préfère Charcot / Au marquis de Sade / C’est dû à sa nature sentimentale / Pour conserver l’amour / Le froid est souverain / Ainsi s’explique l’éternel féminin[3].

Il allait se l’interroger ce Jean-Noël Astrid et peut-être même Ramon Pipin en chanson à sa façon, ce serait une première. Qui avait dit déjà que la police ne savait battre la mesure de la musique avec un bottin sur la tête ?

                  
Dagmar énervée était toutefois un poids plume comparée au géant. Elle savait que sa haine pour l’homme qui voulait lui rafler sa tendre ne perdrait rien pour attendre et que l’heure venue, il payera son dû à l’ordre des  Amazones. Patience, patience…. Fardée, perruquée, vêtue passe partout, mais rembourrée tout de même aux jointures, le casque à la main, elle se rendit à l’évidence crasse. Nils l’avait pourtant prévenue en lui tendant les clés de sa BM.
-          Ta mob antique est HS, essaie plutôt mon valeureux destrier. Actionne juste la manette du réglage de la hauteur de la selle si tu ne veux pas morfler du macadam. Ce serait vraiment trop con, une chute au point de mire de notre planque.

Ses sarcasmes à son encontre l’avaient toujours meurtrie, d’autant qu’à en croire Léa, il était très doux dans l’intimité. Tu parles Charles et ses gonades en sautoir, il devait la troncher à couilles rabattues, qu’elle en crèverait sa Léa si fragile. Il fallait coûte que coûte s’extraire de ce bourbier sans l’aide d’aucun homme, même soi-disant bien intentionné. Elle en avait ras le clito qu’on lui indique le cap à suivre. À propos de cap justement, au début c’était difficile les manœuvres au ralenti, étant donné le gabarit de l’engin. Mais une fois en mouvement, après quelque temps pour s’habituer, la moto lui semblait assez légère et agréable à piloter. Juste à l’arrêt, il lui fallait motiver son attention sur un pied. La nervosité de sa  Husqvarna 750 à lui doper l’entre cuisse comme un bon gode des familles, l’allemande à côté lui sembla très froide. Elle savait la personne idoine à rencarder avec la carte mère afin de toucher le groupe qui planquait Joël. De sa bouche amoureuse, Léa serait folle de joie d’apprendre des nouvelles de son rédac. Dagmar était dingue de cette jeune femme française pas si courante. Son coup de foudre berlinois au corps animal pouvait supporter sa main en elle plus que toutes autres compagnes aguerries. Elles se jouaient au jeu de la main chaude et rien que d’y penser, elle en éprouvait des frissons. Rue Gailuron, elle gara son engin sur la chaussée prévue à cet effet. Elle riva l’antivol en forme de U et déposa son casque dans le top case. Dagmar passa à plusieurs reprises devant le numéro 33 sans s’arrêter, feignant de défaire son harnachement de motarde. Elle vérifia dans le reflet d’une vitrine de fringues que personne ne la suivait et s’introduisit dans le passage. Et là, quelle ne fut pas sa surprise !


[1] Entre  1972 et 1977  en Allemagne fédérale, la RAF, groupe révolutionnaire armé se bâtit contre la guerre au Vietnam, les intérêts américains, la presse torchon…  jusqu’en 1977 avec l’assassinat des prisonniers à la prison de Stammheim, voir « RAF Guérilla urbaine en Europe occidentale » de Anne Steiner et Loïc Debray, éditions l’Echappée, 2006
[2] Poison chimique, puissant défoliant, inventé par la firme Monsanto dans les années soixante pour le compte de l’armée américaine.
[3] Astrid de Costric et Gaspéris in l’album  Ramon Pipin’s Odeurs : 1980 : No sex !

miércoles, 6 de abril de 2011

1. Un tren en la noche


(Resumen del capítulo anterior: Léa, periodista científica a Webactu, está convencida de de los peligros de la radiación en el laboratorio de Marie Curie, ubicado en la Universidad de París V, dado el gran número de cánceres detectados entre los investigadores que hayan estudiado allá. Es difícil convencer a los demás...!)



Todos hemos tenido un oso de peluche, una jirafa, una garza, un tigre o un cocodrilo o incluso una tortuga que nos ha acompañado en los primeros momentos de nuestras vidas y que nos sigue a lo largo de nuestra existencia. Una de las muchas contradicciones de Lea anidaba  en una marioneta exuberante, la Singette, ofrecida por sus padres en Navidad cuando tenía tres años. Se había erosionado su piel, sus ojos apagados. En un frenesí de feria, decidió darle una segunda oportunidad, aprovechando sus vacaciones en las Ardenas para ir a florecer las tumbas de sus antepasados.

Lea gravitó en la
bucle de
Monthermé, quería llegar a la evidencia de primera mano en torno a  esa eminencia en el paisaje que agitó tanto los manifestantes de las Ardenas en los años setenta. Desde sus chimeneas, un fragante humo rosa se alzaba en un cielo lavado, muy por la mañana, y escupían sus vapores de letargo. Una potente red de alambre de púas cerraba su perímetro. En letras mayúsculas, la planta de energía nuclear Chooz había vuelto impracticable la natación y la navegación en las aguas del río Mosa. Un río de la fortuna de tiempos inmemoriales, época del intercambio, burlándose de toda la magia de la electricidad consumida como fuente de energía única. Lo que le acordó de repente, como una emética repetición, el tema impuesto por el Jefe de Redacción: el envenenamiento del Estado. Otra de esos temas recurrentes, tan atroces que sólo se ajustan a hundirse bajo el edredón con la Singette y no pensar en nada más. Estado: ¿irresponsable o inhumano? Al parecer, los patrocinadores de Webactu debían considerar el cocooning como una valor a la alza. El miedo siempre vende.

La mirada de Léa se derivó hacia su marioneta. El juguete estaba pegado a la pantalla de su ordenador. Esa extraña realidad se mezclaba entre el pasado simple y el presente de todos los disgustos. Sin orden: los insultos de Joel, los setenta mensajes de spam, los anuncios de ofertas, concursos u otras ofertas de sujetador vibrante. Entonces, finalmente, ese correo electrónico enviado desde Berlín. El mensaje estaba vacío y contenía imágenes y texto sobre "El tren de la muerte" que recorría parte de Francia antes de entrar en el territorio teutón fue recibido por la población con júbilo y cuidado de no dejar que se conten. Noticias de Google le aprendió que su buena amiga Dagmar había venido desde Berlín para cubrir el evento para la Republica de Weimar, el sitio de una cooperativa de artistas y activistas en Berlín. Ah, Dagmar! Era una vida loca a bordo de la noticia y ¡sin piedad! En las oficinas de la Republica de Weimar donde tamborileaba su teclado, la habían apodado cariñosamente ¡"Pasionaria”! Sus facciones mostraban el carácter etéreo de los personajes de Stoker, hambrientos de sangre fresca ... la sangre de los explotadores. Se comprometieron a encontrarse en el momento exacto en que la policía antidisturbios cargaría a los manifestantes en contra del tren radioactivo. Se trataba de una broma privada entre ellas dos, en honor de su juventud, cuando abortaron la carga de la policía antidisturbios enfrentados con los estudiantes de medicina, haciendo volar sus faldas escandalosamente, montadas a horcajadas en la nerviosa Husqvarna Trial Especial Dagmar.

A lo largo del tren, en Normandía, en Alsacia, el espectáculo de la oposición negándose a dejar el paso al tren y su peligrosa carga fue suficiente para restaurar los ánimos. Los editores políticos acreditaron el resurgimiento de los Verdes alemanes a más del 30% de los votantes, igual a los resultados de los socialdemócratas, sin precedentes en la historia de esa joven Alemania reunificada. Sin embargo, ni Lea ni Dagmar, que ya habían contemplado el desastre de esas coaliciones del otro lado del Rin, se engañaron. Las veletas Verdes acordaban sus violines para ser sobrepujadas al mejor postor. La figura del Gran Rojo ya había pasado por todas las tendencias políticas, estableciendo su reputación, daba escalofríos.

Léa siguió el camino del tren sellado, en el centro de grandes eventos. Se encontró con Dagmar a través de Facebook y Google Maps. Ella estaba encantada: en el centro de la acción, aunque sabía de antemano que no iba a obtener el visto bueno del jefe de redacción para un artículo específico sobre los residuos radiactivos. Y entonces le serviría a su letanía eterna sobre lo que él había impuesto... Olvídese de digresiones, por muy convenientes que sean ... El envenenamiento de Estado como un corsé! Sin embargo, este tema de los residuos no era irrelevante ¡ni mucho menos! Sobre todo ya que Areva había dicho que no era el primero ni el más importante de la historia! ¿Dónde había ido  a parar  esos vergonzosos transportes (especialidad Kiriquiqui) de miles de toneladas de residuos nucleares? Si no fuera eso envenenamiento del Estado, e incluso de Comunidad ... Pero Léa sabía que siempre podía vender sus textos en las páginas web de las revistas femeninas, que en aquellos días se abrían  a nuevos contenidos y excitantes. Por lo tanto ella no pudo contenerse y se lanzó de cabeza en el cuerpo a cuerpo con la masa verde.

Los acólitos del Gran Rojo, verdín ahora seguidor de pelotazos,
​​hicieron una gran impresión. Enmarcaban el evento como en la televisión, susurrando entre sí a través de teléfonos y diminutos micrófonos, constantemente comprobado su eficacia. Ellos guiaron Léa por los bastidores de las festividades. En el Área Central, un importante diario francés, organizaba en colaboración con una revista económica alemana un foro titulado "Hacia un planeta sostenible". La gran broma del sub-desarrollo sostenible podría comenzar. Cierta Cecilia, de  pecho ventajoso portavoz, consagrada portavoz gabacha todos los ecologistas, colmó las expectativas subiéndose a la tribuna. "Tendemos a creer que los ambientalistas creen que el petróleo es negro y sucio, que no gusta. Pues ¡no es todo! En cambio, el petróleo es muy valioso, de gran utilidad. No hay sustitutos conocidos, fáciles de usar para todos sus usos, por lo que debe ser preservado. “Será una empresa petrolera que financiaría la campaña de los Verdes en 2012. "Debemos reconocer que los aplicaciones de los recursos fósiles son sencillamente increíbles. Pueden hacer volar los aviones, componen la estructura de las prótesis de cadera, cubren los cuerpos, protegen a las familias, los empleados los usan para ir a su lugar de trabajo, en breve, apoyan y sostienen todas las actividades esenciales de la vida cotidiana de un hombre ... Los hemos de ver como una energía con usos extraordinarios! . Otras discusiones de la misma calidad oncológica envolvieron a la audiencia que aplaudía,  formateada con agua bendita, mientras que los activistas se encadenaron a los carriles para detener el avance del tren de los residuos nucleares. También estaba el payaso Ministro de crecimiento verde. La fiesta se habría perdido sin la pompa de la inconmensurable Axel de Rothschild, que venció con su abanico de encaje negro a todos que le gustaban, que sean derechistas,  izquierdistas o verdes o, incluso rojos (una especie en peligro de extinción desaparición). Hubo otras enormidades y personalidades en esta gran celebración familiar, el festival ecológicamente correcto, con su guinda en el pastel con crema: la presencia de un psiquiatra, el arcángel de los medias y eco de las habladurías, que preconizaba ante una larga audiencia la resiliencia de la capa de ozono. Léa se sentía mareada por la peregrinación. En consecuencia, en la tienda de campaña que compartía con Dagmar, la escritura del famoso artículo atascó  un poco en un Dantesco infierno de contexto.

Apenas mencionó su intrusión en el negocio verdín y eligió, a modo de ocio, encornarse con las ramificaciones de contrabando de uranio de todo tipo en relación con el “tren de la muerte " . Las municiones de uranio empobrecido seguían vendiendo bien en los países en vía de desarrollo. También eso relevaba del envenenamiento de Estado. Pero tenía que concentrarse. La periodista tenía dos días, ni una hora más,  para hacer un texto seductor sobre las manifestaciones ecologistas francesas en la sección eventos del "Hot Pages" de una revista femenina... así que tenía tiempo suficiente para disfrutar de uno de sus rituales. Abstraída de su ropa, con las piernas entre cruzadas sobre una estera de rafia, chupaba un joint de una hierba deliciosa. Micro altavoces solares le cosquillaban los oídos con Teen Town de Weather Report con Jaco Pastorius en lo agudo del palo de su bajo, cuando su teléfono celular vibró desde su montón de ropa, desde lo más profundo de sus bolsillos...